Edouard Pignon [Bully-les-Mines (Pas-de-Calais), 1905 - La Couture-Boussey (Eure), 1993]

Contemporaine de la Première Guerre mondiale, l’enfance d’Edouard Pignon se déroule à Marles, une petite ville minière du nord de la France. A quatorze ans, après son certificat d’étude, il travaille brièvement - bien que son père ait tenté de l’en dissuader - au service des voies dans les galeries de mines. Détestant la privation de lumière, il devient plafonneur dans la bâtiment. Il commence très tôt à dessiner dans l’estaminet que tient sa mère en portraiturant ses proches. A son retour du service militaire en Syrie, il prend la résolution de devenir peintre et part pour Paris où il s’installe vers 1926. Tout en travaillant comme ouvrier dans diverses usines, il suit les cours de peinture de l’Ecole du boulevard Montparnasse, ceux de l’Ecole Germain Pilon et s’inscrit à l’Université ouvrière. Cet apprentissage se fait en parallèle d’un engagement syndical et politique qui lui permet de se rapprocher des milieux intellectuels, notamment à travers l’Association des écrivains et artistes révolutionnaires. Au cours des années 1930, tout en gagnant sa vie comme retoucheur en photographie, lithographe ou metteur en pages, il participe à de nombreuses expositions de groupe et approfondit sa connaissance des grands maîtres en fréquentant assidûment le musée du Louvre. En 1939, il montre sa première exposition personnelle à Paris à la Maison de la culture, rue d’Anjou, présentée par Marcel Gromaire. Membre de la "Jeune peinture", soutenu par la galerie de France récemment créée par Paul Martin, il peut, à la fin de l’année 1943, pleinement se consacrer à son œuvre qui, dès l’après-guerre, connaît un tournant décisif. Libéré de la grille cubiste, son travail est désormais porté par la volonté de cerner plus profondément le réel. A contre-courant des tendances dominantes de son époque, il affirme dans les années 1950 son attachement à la figuration en même temps qu’il privilégie un mode de production sériel où la construction de l’espace, l’articulation des formes et la question de la couleur restent ses préoccupations essentielles. Passionné d’histoire, intéressé par l’analyse esthétique, il publie La Quête de la réalité en 1966 et Contre-courant en 1974, textes d’entretiens où il expose ses réflexions et ses choix artistiques. Montré régulièrement en France et à l’étranger, son travail bénéficie d’une importante rétrospective au musée national d’Art moderne à Paris en 1966 puis d’une présentation des œuvres conservées dans les collections nationales en 1980. A l’occasion de son quatre-vingtième anniversaire en 1985, le Centre national des arts plastiques réunit dans les galeries nationales du Grand Palais à Paris cent cinquante tableaux et soixante-dix aquarelles sur trois étages, exposition qui participe au renouveau de son audience.

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